Le propriétaire, me désignant le mont Kirkjufell, dans la péninsule Snaefell : « C’est la plus belle montagne d’Islande. Des miliers de touristes viennent ici pour la prendre en photo.
Moi : Euh…. elle a quoi de particulier ? »
Pas sûr, qu’il est apprécié cette réponse…
La rencontre avec le propriétaire
Je vous parle depuis le début de ce voyage du fameux propriétaire dont on ne connait pas le prénom. Vous aurez compris au fil des articles que nous l’avons rencontré !
Eh bien oui, comme cela sans prévenir, un midi, il débarque. Il faut dire que nous aurions pu le prévoir un peu.
Premièrement, Björn nous avait demandé de nettoyer les voitures (…) et puis un matin, alors que nous allions nourrir les truites, nous découvrons un hangar propre. Mégots de cigarettes ramassés, poussières à la poubelle ! Même la pièce dite salle à outils – je vous laisse deviner pourquoi – est propre et rangée. Cela nous surprend mais nous nous y attardons pas.
Et puis, quelques jours après, un matin, il nous demande de venir travailler après que nous ayons fini de faire ce que nous avions à faire ! Inhabituel. Nous avons même travaillé jusqu’à 13h. Elle est où la politique « no stress » de Björn ?!! Ben elle était un peu ailleurs, car il nous annonce au détour que le propriétaire arrive tout à l’heure. Mais qu’il ne restera sûrement pas.

Opération déplaçage d’une grosse cuve

Opération : récupération d’un gant tombé… oups…
Hmmm ok… Le même propriétaire dont il nous a dit qu’il ne voulait pas avoir de volontaire, et le même pour lequel, Björn nous a dit à plusieurs reprises qu’il n’était pas tendre et qu’il fallait mieux pour nous ne pas être là. Bon ben okay… En même temps, moi, pour tout vous dire, j’aurai été un peu déçue de ne pas le voir ce fameux propriétaire. Depuis le temps que j’en entends parler !
Donc sur ces paroles, nous partons manger. Alors que nous finissons le plat, nous voyons arriver un homme d’une soixantaine d’année, une femme d’environ 35 ans, et une jeune chienne toute folle. Nous saluons les nouveaux et nouvelles venu·e·s et observons silencieusement leur arrivée. Très rapidement, nous comprenons que la femme a plutôt le rôle d’être celle qui contrôle que tout est propre et bien fait. Elle fait un rapide tour de la maison, puis sort dehors et revient une trentaine de minutes après. Björn lui demande directement : Alors, c’est assez propre ? Quelque chose à redire ? Okay…, La première inspection a l’air d’avoir été validée.
Le propriétaire lui s’est installé tranquillement sur le canapé pour discuter avec Björn, en islandais. Mince, nous ne saurons pas de quoi ils causent !
Au bout d’un moment, le propriétaire se met à nous parler. Je vous passe l’épisode du café que vous avez déjà eu dans un précédent article. Finalement, le propriétaire n’est pas si horrible que cela et ne nous fait pas de remarques désobligeantes. Il nous fait même un peu la discussion.
D’ailleurs, j’apprends avec lui qu’il possède la ferme aux poissons, là où nous sommes, mais aussi la compagnie de bâteau qui fait les tours d’observation de baleine avec une petite antenne à Hólmavík (3000 touristes/an) – celle où nous sommes -, mais aussi une à Ólafsvík (15 000 touristes/an). D’ailleurs pour ce dernier point, la demande est telle qu’il veut acheter un nouveau bateau.
Fait un peu révoltant tout de même, nous apprendrons plus tard qu’en Islande, il n’y a aucune réglementation sur le tourisme lié aux baleines. Vous pouvez donc avoir 10 bateaux autour d’une baleine… cela n’est pas illégal ! Nous avons bien de la chance d’avoir fait ses sorties d’observation de baleines à Hólmavík, là où il n’y a pas grand monde !
Il est aussi en train de travailler sur un projet de serre. Et au vu de son cancer, il cherche à vendre la ferme aux poissons, et aussi le bateau à Hólmavík afin de fermer cette antenne. Figurez-vous qu’il est là, entre autre, pour annoncer à Björn, que ça y est, la ferme est vendue.
La ferme aux truites est vendue
Ça, c’est Björn qui nous l’apprend le lendemain après que le propriétaire soit parti. Le futur propriétaire n’a même pas visité la ferme qu’il l’achète. Un peu surréaliste, je trouve. 1,8M€ pour une maison pas finie (et mal construite), et la ferme aux poissons pas encore finie et avec un contrat d’engagement avec un industriel où il reste encore 2 ans, et aussi les îles aux canards. Le propriétaire viendrait dès Janvier 2026 emménager et prendre le relais sur la ferme. Cela signifie que pour Björn, il ne lui reste que quelques mois à travailler ici, car il n’y a pas assez de travail pour deux. Cela signifie aussi qu’il va devoir chercher une autre maison, car la maison est vendue !
Il va perdre le travail, la maison, et aussi le fait d’être capitaine de remplacement sur le bateau d’observation de baleine. Ah celui-ci peut -être pas ?! En effet, il nous apprend qu’avec Töté, ils ont fait une proposition de rachat du bateau au propriétaire. Et que pour la maison, vu que Töté n’a plus de raison de rester à Reykjavik (oui, il a démissionné de son boulot d’ingénieur) il va aussi s’installer à Hólmavík. Une colocation de soixantenaires se prépare ! Pas hâte d’être le ou la bénévole qui sera là pour nettoyer après eux !
Le propriétaire et sa compagne, oui nous sommes des commères et avons fini par demander à Björn, sont restés une après-midi et une nuit. Pas assez pour qu’il nous montre son mauvais caractère.
Par contre, point négatif, il repart le lendemain matin avec la camionnette… Celle que j’appréciais pour faire du rodéo dans les fossés… Je suis très déçue. Björn me rassure en me disant que nous la récupérerons dans 2 jours.
Ou pas…
Car devinez quoi ? Qu’est-ce que ça fait de faire mumuse avec une voiture dans des fossés ? Et ben ça les casse ! Oups ! Donc deux jours après, nous allons bien faire le chemin jusqu’au propriétaire, mais non pas pour récupérer la camionnette, dont le pare choc avant est cassé et qui est au garage, mais pour récupérer une grosse remorque et un nettoyeur à eau haute pression.

Ma voiture tout-terrain que j’aurai un petit peu abîmé.
A la découverte de la péninsule Snaefell

Fond de carte marquant les différents points de visite
Le « joyau » de l’Islande : Le Mont Kirkjufell
Le propriétaire habite à Grundarfjörður. C’est à 2h30 de route de là où se situe la ferme, dans la région de Snæfellsnes. Cette ville a été l’une des villes les plus peuplées d’Islande pendant de nombreuses années, jusqu’à ce qu’une inondation particulièrement importante et mortelle la fasse se dépeupler. Elle est passée à deux doigts du statut de capitale. Elle reste à l’heure actuelle un des gros ports d’Islande et comporte un petit millier d’habitants et bien plus en été avec les touristes, tient à me préciser le propriétaire !

Grundarfjörður
Alors que nous nous imaginions trouver une grande villa, le propriétaire habite dans un petit pavillon dans lequel il est né et dans lequel il a passé une partie de son enfance. La femme nous propose directement le café/thé à notre arrivée, et le propriétaire est fier de nous montrer la vue qu’il a de sa fenêtre. Une vue sur une montagne. Le Mont Kirkjufell tient-il à nous préciser. Belle mais pas extraordinaire, selon moi !

Le Mont Kirkjufell, joyau de la péninsule Snaefell
Que n’ai-je pas pensé ?! Vous vous rappelez que la ville est touristique ? Pourquoi ?! Pour cette montagne entre autres ! Moi dans ma tête : Euh pourquoi ? Elle ressuscite les morts ? Elle a un pouvoir religieux sacré ?
Rien de tout cela ! C’est juste là qu’a été tournée une série bien connue : Games of Thrones (saison 6 et 7 pour les fans !). Hmmm ok. N’ayant jamais regardé cette série, cette vue me laisse un peu de marbre. Oui, elle est belle, mais honnêtement, j’ai vu d’autres paysages bien plus beaux en Islande. Mélanie d’ailleurs partage mon avis.

Pour tout vous dire, il a été clairement déçu par notre non-enthousiasme. Il m’a même dit : « C’est que vous n’y connaissez rien en volcan ? ».
De 1 : Je ne vois pas ce que les volcans font dans la conversation, vu que ce n’est pas un volcan !
De 2 : Je me suis sentie obligée de lui dire que j’avais passé une quinzaine d’années en Auvergne avec des volcans certes endormis. Et que je suis en Islande depuis 3 semaines, et que certaines montagnes sont juste magnifiques. Celle-ci elle est belle, oui ! Mais non, pas assez pour que je connaisse son petit nom ! Surtout que j’ai fait 0 recherches sur l’Islande avant de partir !
J’apprendrais en écrivant cet article – oui oui je fais des recherches – que le Mont Kirkjufell signifie Montagne de l’Eglise en raison de sa forme. Je reconnais quand même qu’il a une forme particulière avec un pic bien escarpé. Cette formation s’appelle en inuit nunatak. C’est une formation rocheuse formée à l’époque glaciaire. La montagne dépassait du glacier, l’érosion du sommet n’a dont pas été fait. Cela donne un pic escarpé où la neige ne peut pas s’accumuler1 !
Le tour de la péninsule Snæfellsnes
Björn nous annonce très rapidement que nous repartons, mais pas direction la maison. En effet, après avoir fait un stop à Ólafsvík, lieu où se situe la seconde antenne de l’observation de baleine, Björn nous annonce que nous allons faire le tour de la péninsule. Trop cool ! Cela nous fera voir de nouveau paysage !

Port d’Ólafsvík
Et nous ne sommes pas déçues, car nous nous arrêtons dans le parc national de Snæfellsjökull. Qu’est-ce que l’on voit ? Au début pas grand-chose. La brume est de sortie. Enfin, nous arrivons quand même à voir un champ avec plein plein de blocs rocheux sur un sol bien accidenté. Des roches noires recouvertes de mousse. Vous avez deviné ? Eh bien oui, nous avons devant nous un champ de lave. Un champ de lave dont la dernière irruption date de « seulement » 1800 ans.

Nous reprenons la voiture pour aller un peu plus loin, le temps que le ciel se découvre un peu. Cela se découvre tellement, que nous pouvons apercevoir le volcan qui a donné au nom du parc. Ce stratovolcan culmine à 1446 m d’altitude et est surmontée d’une calotte glaciaire. Nous avons même pu l’apercevoir ! Pour l’anecdote d’ailleurs joküll signifie glacier. Donc Snæfellsjökull signifie le glacier Snæfells2
Et il est encore actif… comme beaucoup de volcans en Islande me direz-vous. La calotte glaciaire dont je vous parlais fait 11km² à l’heure actuelle. Autant vous dire qu’elle ne cesse de diminuer depuis des années et que d’ici 2050, les expert·e·s estiment qu’elle aura disparue3.
Pourquoi ce volcan est connu et attire les touristes ? Vous vous rappelez Du voyage au centre de la Terre de Jules Verne ? Eh bien oui, au sommet du volcan se trouvent deux cheminées. Et ces cheminées amèneraient tout droit au centre de la Terre selon Jules Verne. Il aurait été choisi car il a été longtemps considéré comme l’une des plus hautes montagnes d’Islande (ce qui est faux car la montagne la plus haute culmine à plus de 2100m d’altitude4) et surtout parce que cette montagne est visible de Reykjavik lorsque la météo est favorable.

Le volcan Snæfellsjökull avec son glacier
Le Phare de Svörtuloft
Après le glacier, nous continuons pour faire un arrêt vers le phare de Svörtuloft. Il est assez récent puisqu’il a été construit en 1931. C’est un phare orange surplombant de magnifiques falaises toutes de noires, les falaises de Saxhólsbjarg. Leurs caractéristiques ? Beaucoup d’oiseau viennent nidifier dans les cavités des falaises. Les villageois·e·s venaient donc y ramasser les œufs en s’attachant à une corde et en descendant en rappel ! Il ne fallait pas avoir le vertige. 5

Phare de Svörtuloft
Aujourd’hui ce phare et ces falaises sont connus pour être un spot idéal pour explorer les baleines, et les oiseaux ! Mais aujourd’hui, peu d’oiseaux et pas de baleine. Dommage !

Falaise et champ de lave vers le Phare de Svörtuloft
Nous continuons notre périple en voiture. Nous voyons bien que le paysage est totalement différent de celui de la ferme. Ici, les volcans ont façonné le paysage. Champs de lave. Coulée. Falaises abrupte donnant sur la mer. A la ferme, ce sont les glaciers créant des fjörds (voir article précédent). Et même si le paysage change, il y a toujours les cascades que nous continuons de voir ! Décidément, il y en a. Et toujours ces falaises noires à perte de vue…


Paysage de la péninsule Snaefell
Après une pause goûter où nous goûtons les fameuses crêpes et buvons le chocolat chaud, nous repartons direction la maison. Non sans un arrêt à Bonus. Il ne faut pas exagérer quand même. Et puis là, c’est le moment de faire le plein en grosse quantité, car les prix sont moins chers qu’à Hólmavík.

La crèpe islandaise : Pönnukökur (pour voir la recette, c’est à la fin de cette article)
Le début de la fin…
Nous profitons du trajet pour parler de choses… qui attristent : notre retour ! Car oui, en plus, nous avons appris il y a quelques jours que Björn a des plans de vacances. ·
Petit résumé d’échanges précédents
En effet, il y a une semaine, au détour d’une discussion avec une de ses amies, nous apprenons qu’il part en vacances le 16 Octobre en France… Ok… Nous sommes censés partir le 17, Stella, elle le 19. Comment ça se passe ? Ce n’est pas le tout de prendre le bus, il faut nous amener jusqu’au bus. Et rester ici, ok ? Mais avec une voiture ? Dans quelles conditions ? Il aurait pu nous le dire, non ? Avons-nous bien entendu ?
Et effectivement, il nous confirme qu’il part le 16 Octobre en France. Et en profite pour lui reconfirmer notre date de départ. Ok, il va s’arranger. Comme toujours…
Nous réfléchissons : est-ce que ça ne serait pas l’occasion d’aller un jour plus tôt à Reykjavik pour en profiter pour visiter vu que si nous partons le 17, nous aurons à peine le temps de visiter. Nous pourrions même en profiter pour demander à Töté de nous héberger pour une nuit. Qui ne tente rien n’a rien…
Nous en restons là sur notre discussion et attendons un peu que la date se rapproche car parler de tout ça 10j avant… autant dire que ça sera trop tôt pour lui. Et autant voir cela quand Töté sera là puisqu’il est reparti le jour où on a su cela.
Retour dans la voiture
Nous profitons d’être dans la voiture tous les 4 pendant pour en rediscuter avec lui. Et là, nous comprenons que le propriétaire viendra à la maison le 15 Octobre et que nous resterons avec lui les prochains jours. Stella s’exclame qu’elle ne veut pas rester seule pendant tout ce temps. Il lui propose alors de venir avec lui à Reykjavik et de rester dans l’appartement de Töté… Ah mince, nous nous sommes faites couper l’herbe sous le pied.
Nous demandons à Björn, s’il est possible de faire pareil et de rester chez Töté. On se dit que s’il a de la place pour une, il y en a bien pour 3… Ah apparemment pas, l’appartement de Töté serait vraiment très petit. Mais il possède deux autres maisons dont une n’est pas louée en ce moment. Ce serait peut-être jouable. Reste à en parler avec Töté. Björn le fera.
Nous rentrons à la maison, il fait nuit ! Et oui, il est près de 19h30. Première fois que nous partons aussi longtemps et rentrons aussi tard. 9h – 19h30. Et sans une sieste pour Björn, c’est une sacré journée. D’ailleurs le repas du soir est simple. Purée en poudre et les restes du repas de la veille. Simple et efficace !
Quel road-trip nous avons fait aujourd’hui !
Pour vous tenir au courant des actualités :
- https://en.wikipedia.org/wiki/Kirkjufel
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Sn%C3%A6fellsj%C3%B6kull
- https://www.islande-explora.com/voyage-islande/region-ouest/snaefellsjokull/
- https://fr.ripleybelieves.com/highest-mountains-in-iceland-5657
- Données tirées des panneaux se situant sur le site même !


![[12]Fin du bénévolat en Islande](https://yunaa-terra.com/wp-content/uploads/2025/11/dernier-lever-de-soleil-scaled.avif)
![[10] Dessine-moi un mouton](https://yunaa-terra.com/wp-content/uploads/2025/10/Un-mouton-et-la-ferme-de-Beggy.avif)