Street art coloré à Reykjavik
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[2] Un bain de Reykjavik

Reykjavik, le 20 Septembre 2025 – Vous allez où ?– On ne sait pas.– Vous allez faire quoi ?– On ne sait pas.– Vous allez chez qui ?– On ne sait pas– You are two crazy girls ! (j’ai préféré garder en anglais cette phrase car elle sonne mieux qu’en français : Vous êtes folles, les filles !) Je…


Reykjavik, le 20 Septembre 2025

– Vous allez où ?
– On ne sait pas.
– Vous allez faire quoi ?
– On ne sait pas.
– Vous allez chez qui ?
– On ne sait pas
– You are two crazy girls ! (j’ai préféré garder en anglais cette phrase car elle sonne mieux qu’en français : Vous êtes folles, les filles !)

Je pense que le guide polonais restant dans la même auberge de jeunesse se souviendra pendant longtemps de cette discussion surréaliste que nous avons eue.

Repartons quelques heures en arrière !

⛈️Un départ pluvieux voire grêleux

L’avion part d’Orly à 13h. Notre train est à 6h48 (petit budget oblige !). Cela nous permet en outre d’arriver assez tôt sans stresser à l’aéroport.

Habitant à 35 minutes à pied de la gare, nous décidons de partir à pied le matin. Nous sortons en admirant les beaux éclairs traversant les nuages au loin (mais dont on n’entend pas le tremblement – signe qu’ils sont loin). Nous marchons donc d’un bon pas, et les éclairs aussi. Puisque petit à petit, nous les entendons de plus en plus, et petit à petit le temps entre la lumière et le son diminue, diminue jusqu’à être vraiment très très – un peu trop selon nous – proche. Il ne faut pas quelques minutes pour que les premières gouttes se mettent à tomber. Nous venons de passer un arrêt de bus. Trois secondes d’hésitation, un regard, on fait demi-tour et partons nous réfugier sous ce dernier. Bien nous en a pris, car au moment où nous atteignons l’arrêt de bus, un rideau de grêle s’abat. Seulement 3 minutes, mais il fallait mieux pas être en-dessous. Puis, la pluie remplace la grêle. Mais ce n’est pas de la pluie bretonne. Je ne sais pas si elle est Islandaise – je n’espère pas – mais elle est d’une intensité rare. D’une telle intensité qu’il faudra même sortir sous la pluie faire des grands gestes pour que le chauffeur de bus nous voit. Le bus arrive à la gare à 6h30. 20 minutes d’avance. Parfait, pour aller chercher un petit café et une petite tisane au Salon Grand Voyageurs – dernier privilège d’avoir autant voyagé pour Phénix en 2024 – et des pains tout chocolat aux pépites de chocolat (et non des pains au chocolat), petit plaisir que nous nous faisons quand nous prenons le train tôt et que nous ne prenons pas le temps de petit déjeuner pour se réveiller à la dernière minute. A 5h30 du matin, chaque minute compte !

Comme d’habitude, nos places sont situées dans la rame à l’une des extrémités du train – je commence à me demander si les algorithmes de la SNCF ne m’ont pas prises en grippe, car SYSTEMATIQUEMENT, je suis dans un wagon à l’extrémité du train. Mais fait exceptionnel, cela est plutôt bien car cela signifiera qu’une fois à Montparnasse, nous serons directement au quai ! Wouhou.

Le trajet se passe bien et arrivées à Montparnasse, petit arrêt au salon Grand Voyageur. Ben oui, nous profitons un maximum de ce privilège injuste basé uniquement sur l’argent. Mais cela fait plaisir de pouvoir aller aux WC sans payer, et d’avoir des cafés ou des tisanes gratuitement. Puis direction, le supermarché du coin, car en nous renseignant sur l’Islande dans le train, nous avons vu que le constat « c’est aussi cher que Paris » est erroné. Les menus des restaurants présents sur le net nous laissent prévoir des prix beaucoup beaucoup plus hauts. Donc, forte de mon expérience Churchill, deux sachets de nouilles chinoises pour le premier soir, c’est toujours bien ! Le porte-monnaie dit merci !

Et hop direction l’aéroport d’Orly, où nous arrivons bien bien bien en avance (3h avant le départ). Le temps de constater avec étonnement que nos petits sacs de cabine passent sans mal dans leur gabarit de contrôle et le temps de voir une centaine de fois la même pub sur le même grand écran géant faisant tous les éloges d’une marque de banque dont je tairais le nom pour ne pas lui faire de la pub. Si un jour, les pubs pouvaient disparaitre…

Enregistrement sur sac à l'aéroport

Notre sac à dos de 11,5kg ultra rempli part vers notre avion

Contrôle de bagages, attente devant la porte d’embarquement, embarquement avec une très très longue attente dans le couloir menant à l’avion. Nous pouvons même être assises à côté avec Mélanie malgré le fait que nous n’ayons pas payé l’option ! Je reste toujours aussi stupéfaite que tout se monétise maintenant…

Basile qui attend l'embarquement

Basile qui attend dans la salle d’embarquement

🤔L’énigme du vol

Et là, à peine décollée, je m’endors comme une masse pendant une heure. Moi qui me disais en forme et pas fatiguée, l’effet de s’asseoir est redoutable ! Mélanie et moi passons donc le vol à somnoler ou lire et aussi à essayer de répondre à l’énigme du jour. Combien de temps durera le vol ? Combien d’heures de décalage y-a-t’il entre l’Islande et la France ?

Vue sur la mer

Vue de l’avion sur la mer

Car au vu de notre préparation de trajet qui est… nulle, nous n’avons pas vraiment pris le temps de nous renseigner sur tout cela. De mémoire, je sais qu’il y a 2 heures de moins. Ce qui reste logique au vu de la proximité géographique avec la France. Cela n’est pas aberrant. J’avais tablée sur 4h de vol. Un départ à 13h heure française, une arrivée à 15h heure islandaise. C’est mathématique, ça marche. Sauf que les dires du pilote nous rendent confuses. En effet, alors que nous sommes dans l’avion depuis 3h, il nous annonce une heure d’arrivée à 16h30. Pour avoir l’habitude de voyager, souvent – à ma connaissance – les pilotes annoncent l’heure d’arrivée en horaire locale… ce qui ferait un temps de trajet énorme ! (5h30 vs 4h imaginées). Cela nous tient, enfin pour être honnête ME tient, en haleine pendant quelques heures, jusqu’à ce que le dénouement arrive : l’heure annoncée était l’heure française, vu que nous arrivons effectivement à 14h30 heure islandaise.

☀️L’arrivée en Islande

A quelques minutes de l’atterrissage, le pilote nous signale que nous passons proche du fameux volcan dont-on-ne-prononce-pas-le-nom (Eyjafjallajökull pour les plus fous et folles). Je me demande si tous les pilotes de toutes les compagnies le disent, un peu comme une commémoration. Ce volcan a quand même fait rester au sol tous les avions européens pendant 1 semaine et donc a surement dû mettre les pilotes au chômage technique. La loi de la nature !

Vue sur l'Islande

Vue sur l’Islande en arrivant. Nous n’avons pas pu voir le volcan étant du mauvais côté de l’appareil !

Etant à deux rangées du fond de l’avion, dès l’ouverture de la porte arrière, nous nous retrouvons plongées dans le bain de la température locale. Le pilote avait annoncé un beau temps et 5°C à l’arrivée. Je confirme : il fait beau et il fait froid. Je me dis vraiment que d’ici un mois, la température aura encore plus baissée et que je n’aurais pas assez de vêtements chauds à me mettre !

Une fois débarquée, une fois le contrôle de police inopiné passée (oui oui, 4 policiers attendaient les passagers à la sortie de l’avion checkant les passeports), une fois notre sac à dos récupéré, nous prenons une navette pour nous ramener en centre-ville. Nous voulions tenter l’expérience jusqu’au bout en prenant des bus jaunes Straeto (la compagnie de bus islandaise), mais passant toutes les 2h, cela nous fera attendre 1h45. Trop hâte de découvrir l’Islande, nous nous résignons à prendre une navette plus chère !

🌈Reykjavik, une capitale surprenante

Le terminus est bien loin de notre auberge de jeunesse (1h à pied) mais il a l’avantage d’être juste à côté du centre-ville. Nous en profitons donc pour se balader afin de découvrir la capitale Reykjavik. Il n’est que 16h, nous venons de débarquer en terre inconnue : profitons-en !

L’Hallgrímskirkja étant visible de loin et à 5 minutes à peine, nous nous y dirigeons en suivant le clocher. Car en effet, l’Hallgrímskirkja est une église luthérienne construite de 1945 à 1986 en béton. Elle est connue pour sa façade en orgue. Elle doit son nom au poète et pasteur Hallgrimur Pétursson, homme très connu (en Islande) et important. Pour être honnête, cette église me laisse un peu de béton… (saisissez le jeu de mots). Je ne ressens rien. Aucune énergie ne s’en dégage. Cela me surprend énormément pour un lieu de culte. En tout cas, les orgues à l’intérieur, qui font sa renommée, restent beaux.

Hallgrímskirkja, église à Reykjavik
Intérieur d'Hallgrímskirkja, église à Reykjavik
Orgue de Hallgrímskirkja, église à Reykjavik

L’église Hallgrímskirkja à Reykjavik vue de l’extérieur et de l’intérieur

Sorties, nous errons dans les petites rues colorées. C’est assez magique de voir ces rues larges bordées de maisons en bois colorées de toute part. Pas de building ici. Nous sommes au cœur de la capitale, et c’est aéré, calme, vert, sans voiture garée de partout. Il est difficile de croire que nous sommes à Reykjavik dans la ville, qui regroupe les 2/3 de la population islandaise. J’apprendrais après que cela signifie 220 000 habitants, l’Islande en comptant 360 000[1].

Jardin d'une maison à Reykjavik
Maisonnette à Reykjavik

Habitations dans le centre-ville de Reykjavik

D’ailleurs autre fait intéressant, l’Islande reçoit 6 fois sa population en tourisme chaque année. Les tourismes se concentrant sur les mêmes lieux (plutôt le sud à ce que je comprends), cela cause énormément de dégradation pour les lieux naturels. Le gouvernement actuel souhaite donc le limiter.[2] Sans effet, selon ce que nous dira notre hôte le lendemain.

Street art dans la cour d'un bar à Reykjavik
Street art Phrare à Reykjavik
Autre street art à Reykjavik

Les rues de Reykjavik avec de très beaux street arts

Toujours est-il qu’à Reykjavik, il y a beaucoup de magasins de souvenirs. Cela se voit que la capitale est touristique. Mais ce ne sont pas des souvenirs made in China. Ce sont des souvenirs faits en Islande et donc qui ont un prix ! Car oui, ce n’est pas une légende. Ici, la vie coûte cher ! Nous qui voulions un goûter – j’adore les goûters ! -, nous sommes vite refroidies (et pas à cause de la température extérieure). Le simple expresso est à 5€ minimum, les desserts (comme les gaufres) 9-10€. Les menus des restaurants affichent des prix importants et encore plus que ceux que j’avais vu sur internet. Et de ce que je vois par les vitres, on ne peut pas dire que les portions soient énormes. Velkominn til Islands[3], comme diraient les locaux.

Nous nous disons que finalement, il est tard et que nous goûterons en dinant. Ce n‘est pas si mal. Et donc, nous recherchons une boulangerie pour parfaire notre repas aux nouilles chinoises. Echec… Point de boulangerie vers là où nous nous trouvons. Nous nous rabattons sur Bónus, une des 3 chaînes de supermarché du pays. Nous apprendrons via notre hôte plus tard – car oui, nous serons bien accueillies par quelqu‘un ! – que tout est par 3 ici. 3 banques nationales, 3 entreprises téléphoniques, 3 fournisseurs de gaz, 3 chaines de supermarché. Quel effet ? Pas de concurrence. Les prix s‘enflamment.

 Bref, et c‘est en se baladant dans ce supermarché que nous comprenons aussi pourquoi les restaurants sont aussi chers… Le skyr -spécialité d‘ici ! – de 500g est à 5€. Je vous promets que j‘irai plus tard faire un relevé des prix au kilo pour essayer de comparer avec la France.

Des petits-biscuits fourrés, un pain et un jus de pamplemousse pétillant qui a l’air local même si vu qu’on a découvert après que c’était du pamplemousse, j’en doute !, voilà nos vivres pour compléter les nouilles de ce soir. Et nous reprenons la route. Ah oui ? Qu‘est ce qu‘on a sur le dos ? Un gros sac à dos de 12kg qui contient toutes nos affaires pour le mois et ultra rempli, et deux sacs à dos bien pleins aussi. Conclusion : les souvenirs, c‘est impossible. Je commence quand même à négocier de ramener une tablette de chocolat – qui sont splendide, je vous les montrerais plus tard ! – ou autre spécialité culinaire à partager de retour en France. Il ne faut pas abuser quand même !

Notre paquetage de départ

Notre paquetage de départ avec le paquet de chips qui nous a duré 3 repas ! Important ce paquet de chips

L'orgue et le paquetage

Moi, mes sacs et l’orgue de l’église Hallgrímskirkja

Pourquoi je me mets soudainement à vous décrire notre paquetage ? Tout ça pour dire que cela commence à peser lourd sur nos épaules. Le retour est donc fort fort fort long (oui, 3 « fort » ne sont pas de trop !) 5km, ça use ça use. Et ce ne sont pas les 5km les plus beaux de la ville. Nous passons à travers des lotissements, des zones artisanales, nous traversons des 2×2 voies (en toute sécurité bien sûr), et pour finir une grosse zone commerciale. Voici la partie de Reykjavik qui ressemble à toutes les villes. Moins charmante. Mais bon, nous arrivons à l‘auberge de jeunesse, et ce bien fatiguées.

🏠 Une soirée inattendue à l’auberge

L'auberge de jeunesse à Reykjavik

L’auberge de jeunesse à Reykjavik

L‘auberge de jeunesse est en self check-in, cela veut dire qu‘il faut taper des codes pour que les portes s‘ouvrent. Porte d‘entrée : check. Nous découvrons une auberge propre est très sympa avec beaucoup d‘espace et de coin repas, ou canapé. Tout au fond se situe notre chambre : un dortoir uniquement fille. Porte du dortoir : BIP BIP BIP BIP BIP. Trop de tentatives erronnées font sonner l‘alarme de la porte. Alors que je m‘attendais à voir sortir la cavalerie ou le personnel de l‘auberge. Personne. Nous finissons par taper à la porte jusqu‘à ce qu‘une des filles présente à l‘intérieur nous ouvre et nous annonce que le code a changé. Effectivement, j‘avais reçu il y a une heure un énième mail de leur part me l‘indiquant. Je m‘amuse à regarder le nombre de mails reçus de l‘auberge de jeunesse depuis une semaine : 5 ! Aucun des mails ne contient le même code ! Il faut suivre !!!

Très rapidement, une fois installées, nous partons nous restaurer. En effet, il est 19h, heure locale, soit 21h heure française. Et rappelez-vous que nos estomacs n‘ont pas eu de goûter. Ils veulent donc leur diner-goûter. Et c‘est donc en dînant et en dégustant ces nouilles chinoises – qui sont des valeurs sûres, je trouve. Horrible en terme nutritionnel, mais cela a du goût, cela réchauffe et cela cale -, que nous faisons la rencontre avec le fameux guide polonais.

Nos nouilles chinoises comme dîner

Notre dîner-goûter : nouilles chinoises. Vous pouvez appercevoir le jus de pamplemousse dans le verre et juste imaginer les biscuits fourrées à la vanille comme dessert

Il nous apprend qu‘il tient une compagnie touristique en Pologne qui travaille qu‘avec des Espagnol·e·s – décidément entre les vendanges et là, tout le monde travaille avec les Espagnol·e·s – et qu‘il vient de passer 2 mois en Islande à faire des tours. Il reçoit son dernier groupe demain pour 10 jours. En 2025, il n‘aura été que 5 fois aux USA, 3 fois en Espagne, en Ousbékistan, en Indonésie, plusieurs fois le Maroc, et au moins 5 autres pays que je n‘ai pas retenu… Tu m‘étonnes qu‘il a hâte de rentrer chez lui.

Il finit par nous demander ce que nous faisons là. Et c‘est là que commence cette discussion surréaliste.

– Vous allez où ?
– On ne sait pas.
– Vous allez faire quoi ?
– On ne sait pas.
– Vous allez chez qui ?
– On ne sait pas
– Vous êtes folles, les filles ! Mais demain, où vous allez ?
– A Hòlmavík, mais le gars habite plus au nord que cela.
– Il n’y a rien là-bas, rien à faire. Que quelques maisons. C’est un village !

Et c’est là que je réapprends aussi la différence entre « town » et « city ». Car parlant de Hòlmavík, j’utilise le terme « city », et je me fais reprendre du tac-au-tac par le guide « No, it’s not a city. It’s a town. » Dans ma tête, ça sonne comme : Non ce n’est pas une ville, c’est une ville. Bon bien sûr, c’est Non ce n’est pas une ville, c’est un village.

Ok,ben let’s go pour the town (allons-y) alors. De toute façon, nous étions préparées à aller dans le trou du c*l du monde – pour reprendre la magnifique expression de ma sœur – alors la description d’Hòlmavík nous rassure !

Et c’est sur cette discussion bien marrante, sur un petit jeu que nous allons nous coucher. Il est 21h, la nuit est tombée depuis une heure, nous sommes épuisées. Et demain le réveil est à 7h.


La carte du jour 1

Petit récapitulatif de notre déplacement avec les moyens de transport associés


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[1] https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/islande/presentation-de-l-islande/

[2] https://www.demotivateur.fr/voyage/l-islande-dit-stop-et-durcit-ses-regles-pour-decourager-les-touristes-43114

[3] Bienvenue en Islande

Crédits Photo : Estelle Lyan


2 réponses à “[2] Un bain de Reykjavik”

  1. […] on s’en moque. Il fait chaud dedans, et c’est le plus important ! (Rappelez-vous du dernier article où je vous parlais des 5°C !) La vue est splendide, notre chambre comporte deux lits, il y a […]

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