24 Septembre 2025, près d’Holmavik
« L’application dit qu’il n’y a que 10% de chance de voir des aurores ce soir.
– Sortons quand même ! »
Quand on dit que les applications ne peuvent pas remplacer la réalité…
Après la journée d’hier, difficile de faire mieux. Je me lève vers 7h30 et vais sur le canapé observer les phoques et continuer à écrire. J’aime bien cette routine-là. Me lever pendant que personne n’est debout, et boire une tisane devant la baie vitrée, en écrivant. Sans stress… Ahhhh Björn me déteint dessus.

Vue du matin
Vers 8h, Stella, une chinoise arrivée la veille, se lève. Elle est stupéfaite par la vue. Je la regarde avec amusement. J’étais – intérieurement – comme elle, il y a seulement 3 jours. Je lui montre les phoques, elle les regarde avec émerveillement. Puis quelques minutes après, elle retourne se coucher. L’arrivée à 4h du matin et sa courte nuit nécessitent un peu plus de sommeil. Björn se réveille vers 9h20, mange et nous demande combien d’arbres, il reste encore à planter. Ces foutus arbres !
Une matinée forestière
525…
Il soupire. Nous comprenons, qu’il n’en peut plus de ses arbres et veut juste que nous nous en débarrassions en en faisant ce que l’on veut. Pourquoi je dis ça ? Il nous dit : Plantez, plantez. Vous plantez des haies jusqu’à qu’il n’y en ait plus. Quand je lui fais remarquer que nous n’avons plus d’engrais qu’il nous demandait d’ajouter au niveau de chaque plant, il répond par un haussement d’épaule et par un « c’est pas grave » bougonné dans sa barbe.
Alors vers 10h, nous partons planter, planter, planter. Pour être honnête, nous avons beau être dans un coin splendide, nous commençons à en avoir marre de planter ces arbres. Donc notre objectif : finir de planter ces 525 arbres restants et ne plus en parler.

Lors de la plantation d’arbre, petite pause : observation du paysage
Et très rapidement, finalement, nous nous rendons compte que nous ne plantons pas du tout, mais du tout droit. Pour vous donner un ordre d’idée, alors que nous commençons deux haies à plus de 10m l’une de l’autre, nous finissons côte à côte. Nous sommes donc en train de planter… un labyrinthe. Björn aura un souvenir de nous au moins ! Bon encore faut-il que cela pousse, et ça ce n’est pas sûr. Car entre les plants qui étaient à deux gouttes de sève de mourir, entre les conditions climatiques et entre les conditions pédologiques (je parle du sol et de sa richesse en cailloux !), c’est pas gagné !
Pendant ce travail assez répétitif, nous évoquons l’arrivée de la 3e bénévole. Déjà que nous voyons qu’il n’a pas grand-chose à nous faire faire, alors à 3 !
Comme Björn dit, c’est la saison « morte » en ce moment. Il n’y a pas de poissons à engraisser et pas de plumes à aller chercher.
Ah oui, les plumes ! Je vous en parle depuis le début mais je ne vous l’ai pas développé plus ! Profitons que nous plantions pour faire cela.
Le duvet des canards Eider
Les petites îles que nous voyons de la maison sont des îles où les canards eider aiment nicher. Les canards eider sont des canards migrateurs qui vivent dans les mers froides. Le mâle est facilement reconnaissable à ses couleurs noires et blanches assez fascinantes et à une couleur verte émeraude – selon ce site, car autrement je n’aurais jamais été capable de vous dire « l’émeraude » – derrière le cou. Je n’ai pas trop réussi à prendre une photo de proche donc je vous invite à aller dans votre moteur de recherche pour regarder à quoi ils ressemblent. Quant à la femelle, elle est plutôt d’une couleur brune. Ces canards muent et donc peuvent changer légèrement de couleur de plumage entre l’été et l’hiver. Autre chose assez fou, je trouve, c’est que leur durée de vie est de 20 ans ! Pas mal pour un canard ! 1

Canards eider femelles

Canard eider mâle (je vous ai prévenu, on le voit de loin !)
Pourquoi je fais tout un paragraphe sur ces canards ? Car ils sont très recherchés, non pas pour leur viande, mais pour leurs plumes appelés aussi duvet. Leur duvet a le meilleur pouvoir isolant au monde. Parfait pour faire des couettes ou des doudounes résistantes au froid ! Vous imaginez bien que ces canards intéressent donc beaucoup.
Beaucoup ? Oui, tellement, qu’un kilogramme de duvet d’Eider se vend à plus de 2000€. Oui, oui, j’ai redemandé plusieurs fois et ai croisé mes sources 2.
Imaginez bien qu’il est très intéressant d’aller à la cueillette aux plumes !
Et ce qui est intéressant c’est que les femelles Eider s’enlèvent d’elles-mêmes du duvet de la partie postérieure de leur abdomen afin d’isoler les nids et les œufs du froid ambiant et de faire un vrai cocon pour les oeufs. Intelligent non ?
Donc, non, on ne tue pas, ou on n’élève pas ces canards migrateurs (enfin ici ! je ne sais pas dans le reste du monde). Mais, leur duvet est pris. Cela se passe en été, en fin de saison de nidification. Björn va sur l’île et collecte les plumes :
- si le nid est vide, il prend tout
- si le nid est encore occupé, il en prend qu’une petite partie afin de ne pas mettre en péril la couvaison.
Sur les îles en face de la maison, il y a près de 2500 nids ! Nous voulions quand même aller voir cette île et les nids, alors nous avons demandé à Björn. Aucun problème ! Il suffit d’attendre la marée basse et s’équiper pour être sûre de ne pas prendre l’eau et hop, on traverse à pied ! Même pas besoin de bateau. Et effectivement 20 minutes après, nous voici sur l’île.

Une belle dégaine !

Le début de la traversée
Et là, je suis surprise. Plus aucune trace des nids, de plume ou de duvet. Il ne reste plus que des traces humaines : des pneus qu’adorent les canards selon Björn pour nicher ou encore des petites cabanes qui protègent des prédateurs et du vent, je suppose. Il nous explique d’ailleurs que les canards reviennent toujours au même endroit nicher. Björn nous explique aussi mettre des cordes avec des tissus pour effrayer les mouettes.
Je reste dubitative. La cueillette de duvet, ethique ou pas éthique ? En vrai, tous les sites qui disent que c’est la récolte la plus éthique sont des sites d’entreprise qui en vendent… donc assez peu fiable. Je vous laisserai faire vos propres recherches dessus si ça vous intéresse. 3

Les pneus ajoutés qui servent de nid

Les petits cabanes, et nous pouvons voir aussi les cordes sur lesquelles, il ajoutent des bouts de tissus pour effrayer les mouettes

Quand nous avons traversée, la marée était en fort coefficient. La marée était donc très basse.
Il faut environ 60 nids pour récolter 10 kg de duvet qui une fois nettoyé donnera 1 kg de duvet vendu. En effet, celui-ci est séché puis nettoyer afin d’enlever toutes les impuretés. C’est donc un travail long et fastidieux mais qui rapporte. Björn nous dit récolter 30kg/an. Je vous laisse donc faire la multiplication : 30 kg x 2000€/kg… Cela fait une sacrée somme !

Bac qui permet de nettoyer et de faire sécher le duvet
Toujours est-il que ce n’est plus la saison et donc que nous n’avons pas à faire ça.
Si on résume : ce n’est pas la saison de la cueillette de duvet d’Eider, ce n’est pas non plus la saison du gavage de truites. C’est donc bien la saison creuse de la ferme. Björn en profite pour se reposer et pour commencer le travail à 10h, à faire beaucoup de pause-café, à faire la sieste l’après-midi. Le matin, il va même piloter le bateau d’observation des baleines – qui appartient au même propriétaire de la ferme. Autant vous dire que l’activité n’est pas au top en ce moment. Donc, à quoi nous servons, nous déjà ? Et pourquoi avoir dit oui à une 3e volontaire qui d’ailleurs devrait partir après qu’il nous ait dit que nous ne pouvions plus rester ?
Nous le soupçonnons d’apprécier de ne pas être seul à la maison, et aussi d’apprécier que des personnes lui fassent son ménage et sa vaisselle à sa place… Et en même temps, avec ces travers un peu « négatifs », nous nous disons qu’il y au fond de lui, quelqu’un qui aime faire découvrir son pays et partager. Pas facile à cerner ce Björn !
La forêt française
Nous restons sur ces pensées sur la fin des 500 arbres. Et vers midi, ça y est ! Nous plantons le dernier plant ! Enfin !

La fin de la plantation des arbres ! C’est fini !
Fières, nous rentrons à la maison. Stella est partie avec Björn voir les baleines. Nous nous reposons donc tranquillement, avant de préparer à manger (les restes de la veille).

Double arc-en-ciel pour fêter la fin de la plantation des arbres
Quand Björn et Stella reviennent, Björn nous remercie chaudement pour les plants. C’est l’une des premières fois qu’il nous remercie (même après avoir nettoyé la maison, fait qu’il ne semble pas avoir remarqué ou qu’il trouve juste … normal ! Oui mes valeurs féministes en prennent un coup !), signe qu’il devait vraiment en avoir marre ! Il rigole en disant que dans quelques années, une forêt française sera là. Si seulement… Pas sûre qu’elle soit renommée cette forêt en plus au vu de comment on a planté droit !

Moi, fière de poser devant la future forêt française
Une fin de journée entre eau et feu
Nous lui demandons si nous avons un travail à faire pour cette après-midi, la réponse étant négative, nous lui empruntons sa voiture et allons voir la cascade que nous avons vu la veille. Stella nous accompagne, nous prévenant qu’elle sera sûrement fatiguée et n’ira pas vite. En fin de compte, l’air islandais la réveille et nous pouvons nous aventurer hors des sentiers – de toute façon, en Islande, ne comptez pas sur des sentiers -, entre mousses, arbustes, et rocailles.

La cascade vue du haut

L’amont de la cascade

La cascade de loin

Sur le tracé retour
Après 1h30 de marche, nous retournons à la maison – non sans avoir pris des chemins de traverse -.
Stella souhaite préparer à manger. Elle a ramené une tonne de sachets chinois pour préparer des spécialités chinoises. Elle nous prépare donc une soupe Tom Yum qui est une soupe thaïlandaise mais dont les ingrédients sont faits en Chine. Allez comprendre… En tout cas, elle est délicieuse. Pimentée à souhait ! J’adore ! Il y en a un qui adore un peu moins…

Soupe Tom Yuan faite par Stella
C’est Björn qui mange une bouchée et essaye après d’éteindre le feu en… buvant de l’eau ! Erreur ! On voit bien qu’il n’a pas suivi la visite guidée d’une ferme de piment d’Espelette au Pays Basque. Le guide était catégorique, l’eau ne fait que diffuser la capséine dans toute la bouche et la gorge. Très mauvaise idée !! Du pain, des produits laitiers ou encore mieux du gras pur (type huile ou beurre). 4 Si si, c’est ce qu’il a dit le guide là-bas.
Tout ça pour dire, que Björn a la bouche en feu et qu’il se fait même directement couler un café ! (Mauvaise stratégie mais bon) Et qu’en rigolant à moitié, il demande à Stella, si elle n’a pas voulu le tuer. Ok… Pas de piment pour Björn, c’est bien à retenir !
Débarrassage, nettoyage de la cuisine et nous allons tranquillement nous poser. C’est tout ?
Les aurores boréales sont là !
Ce soir, non ! Car il y a une chose que nous voulions voir aussi en Islande. Vous avez trouvé ? Un peu d’aide ? Elles sont vertes, certaines personnes disent qu’elles dansent la nuit, elles sont rarissimes en France, et plus fréquentes dans les pays du Nord. Et surtout, elles sont en titre de cet article et de ce paragraphe ! C’est évident : les aurores boréales.
Le guide polonais du début du voyage (voir ici) nous avait parlé d’une application pour connaitre la probabilité de voir des aurores boréales. Je l’avais téléchargé par intéret. Et depuis, chaque jour, on la scrutait mais les pourcentages ne montaient guère au dessus de 10%
Et aujourd’hui, c’est pareil, ça n’annonce pas un grand pourcentage (13% pour tout vous dire), mais il n’empêche que nous sortons juste pour voir. Car mince à la fin, il y a quand même 10% de chance d’en voir une !
Et là… que vois-je ? Une trainée laiteuse. La même trainée que j’avais vue à Churchill lors de la sortie aurore boréale que nous avions faite. Excitée, je le dis à Mélanie et Stella qui regardent pour la première fois des aurores boréales. J’avais prévenu depuis des semaines Mélanie que : non les aurores boréales ne sont pas comme sur les photos !

Seule aurore verte vue le premier soir
D’ailleurs, ayant oublié les réglages à faire, je cherche rapidement sur internet les réglages à faire pour bien photographier une aurore (grande ouverture , ISO entre 800 et 1400 et une vitesse d’obturation importante entre 10 et 20 secondes – ce qui implique de ne pas bouger pendant tout ce temps ! Ma solution : ne pas respirer ! Oui, il faut donner de sa personne pour prendre en photo des aurores !) puis prends une photo. Et là, effectivement, sur la photo prise, la trainée laiteuse devient un mélange vert de toute beauté. Car oui, il faut arrêter de croire que les aurores boréales sont toutes des superbes trainées vertes qui éblouissent le ciel et dont nous voyons la danse sous nos yeux. Oui, cela existe, mais pour beaucoup c’est « juste » une trainée laiteuse blanchâtre que l’appareil photo rend magique avec les bons réglages.
C’est pour ça que pour moi, c’est un peu tricher. C’est un peu comme quand quelqu’un prend une photo, et qu’il met des filtres à gogo, efface ce qui ne va pas dans l’image pour la sublimer et rendre jaloux les gens. Ca m’a toujours un peu dérangé. Deuxièmement, les aurores boréales signifient pour moi, ô grande frileuse, avoir froid… Car, c’est visible uniquement la nuit. En effet, il faut que l’intensité lumineuse soit le plus réduite et je l’ai fait uniquement dans des pays froids… donc la nuit il fait froid.

Aurore boréale
Les aurores boréales kesako ?
Allez je vous fais un peu d’explication d’aurores boréales, en sachant que ce que je vous explique est tiré d’internet hein ! Et que si vous n’êtes pas intéressé, il n’y a pas de problème, vous sautez le paragraphe et hop ! On n’en parle plus !
Les aurores boréales, à différencier des aurores australes qui sont exactement les mêmes mais dans l’hémisphère Sud, se créent avec les vents solaires. Et là, vous allez me dire ? Quoi mais il y a du vent sur le soleil ? Non, pas au sens terrestre que nous l’entendons, mais effectivement, il y a un courant de particules de la surface du Soleil à l’Univers, dirons-nous 5.
Ce vent solaire chargé de particules positives ou négatives rentre en contact avec le champ magnétique terrestre. Ce champ magnétique terrestre est composé de plusieurs couches. Les particules du vent solaire en entrant en contact avec ces couches magnétiques produisent des collisions (un peu comme quand vous jouez au boule et qu’un adversaire tire votre boule). Ces collisions libérent de l’énergie, qui excitent les gaz de l’atmosphère et cela émet des rayonnements. Rayonnements que nous pouvons voir lors des aurores boréales. 6 La couleur des rayonnements indique la distance à laquelle la collision s’est faite. Cela explique les différents coloris que nous pouvons trouver dans une photo.

Simpy qui pose devant une aurore boréale à plusieurs couleurs.
CQFD. J’espère que je ne vous ai pas trop perdu·e.
Des aurores boréales laiteuses et une verte !
Alors ce soir, c’est un peu comme la dernière fois que j’en avais vu une. Des trainées laiteuses dans le ciel qui viennent, se modifient, et qui s’en vont. Impressionnant tout de même à regarder car c’est un peu comme si quelqu’un faisait de la fumée et hop… ça disparaissait. J’apprends à Mélanie et Stella à les reconnaitre, et elles deviennent très rapidement pro. On essaye de prendre des photos, mais on réussit tant bien que mal. Il faut que l’appareil photo soit parfaitement immobile (Delphine s’en souviendra !), et c’est difficile. Dans tous les cas, je m’amuse à voir la réaction de Mélanie et Stella qui étaient comme moi la première fois : stupéfaites par ce qui se passe, et émerveillées aussi en voyant le résultat d’une trainée laiteuse à une photo verte rayonnante.

Photo floue d’aurore boréale ayant bougée. Mais je la trouve très belle !
Alors que j’explique à Mélanie que je suis un peu déçue, car tout le monde en fait tout un plat des aurores boréales alors que ce n’est « que » de la fumée blanchâtre dans la nuit, nous voyons une mini aurore verte qui se dandine. Ah ben tiens, voilà que ces aurores me font mentir. Cela dure quelques minutes, le temps de s’émerveiller encore plus. Et hop elle disparait.
Une « vraie » aurore boréale
D’ailleurs ces aurores me feront mentir une deuxième fois plusieurs jours plus tard. Un soir vers 23h, alors que nous étions déjà au lit, Björn tape à notre porte. Nous avions convenu avec lui que le soir où il voyait une belle aurore, il venait taper à notre porte. Nous nous levons donc, nous habillons chaudement pour sortir… et là… et là… c’est l’émerveillement. Une véritable trainée verte traverse le ciel. Enfin, une « vraie » aurore comme l’on peut voir sur les photos mais à l’oeil nu ! Cette trainée est un peu comme tombée du ciel et on peut la voir doucement se mouvoir. Impressionnant ! Je comprends enfin la passion aurore de certaines personne.

Basile et moi-même posant devant une aurore boréale
Assez fou et magique ! Et surtout, deuxième fait positif, ce soir-là, il ne fait pas trop froid ! Pas besoin de bonnet comme vous pourrez le remarquer.
Bref, ce premier soir où nous avons vu des aurores, il faisait froid et le ciel s’est couvert, nous sommes donc rentrées rapidement au chaud.
Décidément, ces 3 premiers jours en Islande : des phoques, des baleines, des dauphins, les sources géothermales et les aurores boréales ! Nous avons fait le tour ! Peut-être des macareux, mais cela n’a plus l’air d’être la saison, ni la région !
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- Une petite vidéo expliquant comment cela se passe : https://www.youtube.com/watch?v=Zs0b5koEEHI
- Je suis obligée d’annoter cela pour dire que l’huile d’olive pure a été testée par une amie et que cela n’a pas trop fonctionné. A voir si ce n’était qu’un cas isolé
- https://observatoiredeparis.psl.eu/l-origine-du-vent-solaire.html
- https://guidetoiceland.is/fr/les-aurores-boreales/definition-aurores-boreales


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