Octobre 2025, près d’Holmavik
Moi : « Pourquoi tu ne mets pas ta tasse directement dans le lave-vaisselle ? »
Björn : « J’ai toujours fait comme ça«
Une simple histoire de femmes ?
Aujourd’hui, mardi 7 octobre 20h15. Je commence à écrire cet article lors d’un jour particulier ! Peut-être à marquer dans les annales de ce bénévolat. Björn et Töté ont mis leur assiette sale dans le lave-vaisselle ! Normal, me direz-vous ?! Et bien non. Depuis que nous sommes arrivées, nous devons tous les matins, les midis et les soirs, mettre la vaisselle qu’ils utilisent dans le lave-vaisselle. Eux la mettent dans l’évier situé à 50 cm du lave-vaisselle. Et nous, nous devons faire le trajet évier – lave-vaisselle.
Une première tentative
Et donc, ce matin, j’ai passé la matinée à ruminer : bénévole ou pas, même si je ne fais clairement pas grand-chose, je ne suis pas là pour nettoyer après ces messieurs. Que je sois une femme n’y change rien. Je mets le genre dans l’histoire, car oui, je ne suis pas sûre qu’il demanderait la même chose à un homme…
En fin de matinée, je me décide à passer à l’action. Je surprends Björn dans la cuisine en lui demandant : « Pourquoi tu ne mets pas ta tasse directement dans le lave-vaiselle ? » Après une seconde d’arrêt, il me répond : « Le lave-vaisselle est en train de tourner. » Je vous avoue que j’ai buggué et n’ai pas su quoi répondre. Ayant compris néanmoins où je voulais en venir, il ajoute : « Mais autrement, c’est que j’ai toujours fait comme ça. » Je n’ai rien ajouté. Il n’y en avait pas besoin. Il voyait où je voulais en venir. Mais , je savais que cela ne suffisait pas. Il fallait continuer.
L’Attaque fatale
Le soir, Björn cuisine un goulash. Nous mangeons toutes et tous ensemble. Je termine mon assiette avant Töté et Björn. D’habitude, par éducation et par habitude française, j’attends que tout le monde ait fini avant de me lever ou de passer au dessert. Sauf qu’ici, eux ne font pas la même chose. Dès qu’ils ont fini, ils se lèvent de table, mettent leur vaisselle à l’évier et vont s’affaler sur le canapé.
Donc ce soir, je me lève pour aller chercher un dessert et en profite pour ouvrir le lave-vaisselle. J’anticipe l’excuse que le lave-vaisselle tourne et le fait que l’ouvrir soit compliquée. Et je me rassoie avec une pomme en guise de dessert (oui, cette information est cruciale pour la suite de mon histoire !). Et là, je guette… Vraiment comme une prédatrice qui attend sa proie. Femme ou pas femme, bénévole ou pas bénévole, je suis un être humain comme eux le sont. Je ne suis pas leur boniche !
Ma première proie se lève : Töté, et sans comprendre le piège qui lui est tendu, va tranquillement poser son assiette… dans l’évier. Là, directement, je lui demande de mettre son assiette dans le lave-vaisselle. Il ne comprend pas ce que je lui demande, donc je lui répète. Björn, voyant que la traduction se fait mal, intervient et traduit mon propos en islandais. Töté, sonné, s’exécute sans rien dire. Björn s’exclame en souriant : « Eh ben, le service a baissé en qualité. » Et s’en va lui aussi mettre son assiette dans le lave-vaisselle en m’interpellant « Maman, je mets mon assiette dans le lave-vaisselle ». Je lui réponds en rigolant : « Félicitation, je suis fier de toi ».
Stella qui n’était pas au courant que cela me pesait réellement sur les nerfs me regarde avec un sourire de connivence. Je crois que je n’étais pas la seule à en avoir marre !
Un cas isolé ?
Nous sommes des femmes bénévoles, nous ne sommes pas leur mère qui leur a mal appris la vie ou leur femme qui se soumet à cela. Et ce n’est pas qu’avec eux, que j’ai eu à défendre cette position. Le propriétaire a aussi testé. D’une autre manière. Car oui, il est finalement venu. Et non, comme vous pouvez le constater nous n’avons pas bougé d’endroit. Et je crois que nous ne bougerons pas d’endroits de toute façon. Mais je vous expliquerai cela plus tard.
Bref, le propriétaire, homme de 65 ans, arrive un jour pendant que nous déjeunons. Nous le saluons, puis continuons à manger tandis qu’il s’installe sur le canapé avec Björn et discute en islandais. Au bout d’un moment, alors que nous étions en train de faire la vaisselle, il se lève et se dirige vers la machine à café – qui est située pas loin de l’évier -, et il nous dit :
« Je fais le déplacement jusqu’ici pour vous rencontrer et vous ne me servez même pas le café ». Sans me départir de mon sourire et de mon humour, je lui réponds du tac-au-tac : « Ah vous buvez du café ?!! Vous êtes originaire d’où ? » et je dévie ainsi la conversation. Oui, il y aurait eu des solutions plutôt radicales et plus directes mais je préfère toujours contourner l’affrontement. Je comprendrais après en le voyant se conduire avec sa compagne, qu’effectivement, pour lui, cela aurait été normal que des jeunes femmes soient à son service.
Décidément, je ne sais pas qui de l’œuf ou de la poule, qui de Björn ou du propriétaire, mais décidément pour eux : Femmes + Bénévoles = Bonnes à tout faire. Je rajoute « bénévole » dans le lot, mais en vrai, peut-être que simplement femmes = bonnes à tout faire.
Les femmes en Islande
D’ailleurs, nous avons demandé à Björn où il avait appris à cuisiner. Car certes, il a une façon bien traditionnelle de cuisiner : gras et viande, ces plats restent très bons et plus recherchés que des simples pâtes au pesto. Mélanie a donc demandé un soir où et comment il avait appris à cuisiner. Il nous a répondu : « C’est une longue histoire. En Islande, à mon époque, les femmes cuisinaient et les hommes ne mettaient jamais les pieds en cuisine [Rajout de moi-même : il n’y a pas qu’en Islande ! ] Mon père était pêcheur et était souvent absent de la maison. C’était donc ma mère qui cuisinait. Mais quand mon père revenait, il aimait bien le faire et donc j’ai très souvent vu mon père cuisiner. D’ailleurs quand des copains venaient à la maison, ils s’étonnaient de voir mon père en cuisine. Pour moi, donc il a toujours été normal de cuisiner » C’est bête que son père ne mettait pas sa vaisselle dans le lave-vaisselle !
Cette histoire illustre parfaitement l’histoire des femmes en Islande. Car dans les années 70, les femmes faisaient toutes les tâches ménagères et familiales pendant que les hommes ne faisaient… rien ! Cela vous rappelle quelque chose ?
24 Octobre 1975, un jour sans femme
Comme je disais, dans les années 70, l’Islande est en plein dans le patriarcat. Les hommes : faire le café ? Point du tout. Les femmes font tout et quand elles travaillent, elles gagnent moins de 60% de salaire que les hommes. En 1975, l’ONU déclare l’année internationale de la Femme, cela donne une idée à des syndicats de femmes islandaises : et si pendant un jour, toutes les femmes se mettaient en grêve… ou plutôt afin d’éviter de choquer la population, se mettaient en congés ? Cette idée grandit, et se répand. Que ce soit les femmes qui ont un travail rémunéré, les femmes qui s’occupent de la maison et des enfants, si toutes les femmes arrêtaient leur travail : qu’est ce que cela donnerait ? 1

« Lutte pour l’égalité = lutte des classes ». Des membres du groupe radical féministe Redstockings le 24 octobre 1975. WOMEN’S HISTORY ARCHIVES (ISLANDE) 2
Cela a donné que 90% des femmes ce jour-là ont arrêté de travailler. Le pays a été tout simplement paralysé. Pas de téléphone, pas de journal, pas d’école, pas d’avion, pas de supermarché, pas de banque… et pour les enfants ? On dit que la veille, les supermarchés ont été dévalisés de saucisses et de bonbons par les hommes pour nourrir et occuper les enfants 34.
Ce jour-là, le 25 Octobre 1975 est encore commémoré dans le pays car il a marqué un vrai tournant dans la politique en matière d’égalité hommes-femmes. Il est connu sous le nom de Kvennafrí, soit le « Jour de congés des femmes » et fêtera ces 50 ans cette année. Il y a d’ailleurs un document Arte qui est sorti : Islande, un jour sans femmes, que je vous conseille.
L’Islande, un pays plutôt féministe ?
A l’heure actuelle, l’Islande se révèle ne pas être le reflet de son passé. La présidente de la République Halla Tomasdottir est une femme 5, la première ministre Kristrún Frostadóttir aussi [/note] https://www.nouvelles-du-monde.com/islande-le-social-democrate-frostadottir-devient-premier-ministre-islandais/ [/note]. La maire de Reykjavik, Heiða Björg Hilmisdóttir, est une femme. 48% des parlementaires sont des femmes, et la représentante de la chambre du parlement l’est aussi. Même au niveau religion, les femmes sont mises à l’honneur : l’évèque de l’Eglise Luthérienne (la religion majoritaire de l’ile) est une femme.
Bref, vous l’aurez compris… Les femmes sont bien représentées. J’ai d’ailleurs été étonnée que chaque jour au niveau des informations à la télévision, nous ayons des nouvelles des match de football hommes et femmes.
Par contre, si les avancées sont importantes et majeures, c’est loin d’être parfait ! Les violences domestiques et les agressions sexistes et sexuelles persistent. L’écart de salaire est encore présent. D’ailleurs, il y a 2 ans, le 24 Octobre 2023, 90% des femmes, dont la Première Ministre Katrín Jakobsdóttir, ont de nouveau cessé le travail pour dénoncer cela. 6
Et la suite de mon histoire ?
Si je poursuis mon récit sur le fameux lave-vaisselle pour Töté et Vidir. Sachez que cela a tenu. Enfin pas directement. Il a fallu un petit rappel à l’ordre pour Töté et Björn dès le matin. J’ai attendu le dîner avec impatience, prête à dégainer… et …. Et Björn s’est levé et à mis de lui-même son assiette dans le lave-vaisselle. Applaudissements de Stella, Mélanie et moi-même. Je crois que le message est bien passé ! Enfin, j’espère… pour les bénévoles femmes qui vont suivre, ou pour potentiellement leur futures compagnes.
Quand je vois l’Islande aujourd’hui avec ses avancées, je me dis que le pays a beau être pionnier dans l’égalité homme-femme, c’est loin d’être gagné…
Après cette introduction qui m’aura permis de mêler Histoire, engagement et récit de bénévolat, je répondrais à une question que vous ne m’avez pas encore posée : mais qu’est ce que nous faisons quand nous ne travaillons pas ?
Notre vie de bénévole hors du travail
Bonne question ! Comme vous l’aurez compris, de l’écriture pour moi ou de la préparation de vidéos pour Mélanie, de la lecture, des jeux de société ou de carte, …
Je vous conseille d’ailleurs le jeu La Marche du Crabe, jeu français et imprimé en France, collaboratif à 2 joueurs dont l’objectif est de libérer les crabes des détritus laissés par les humains. Très sympa et pédagogique.

La Marche du Crabe, dehors au soleil
Nous avons aussi fait des échanges de jeux de carte. Stella nous a appris aussi des jeux de cartes très populaires en Chine. Dont un qui ressemble un peu au Président/Trou du Cul chez nous, mais en ayant beaucoup plus de laxité dans les règles. Pourquoi je parle de laxité ? Car chaque partie, des nouvelles règles surgissaient de son chapeau, comme si elle en rajoutait au fur et à mesure. Outre ce fait, ce jeu reste sympathique !
Des balades dans la nature tous les jours
Nous nous baladons aussi tous les jours au minimum une heure. Souvent plus. Björn nous autorise à emprunter sa voiture, donc nous naviguons à 10 minutes de la ferme. Nous n’osons pas aller plus loin pour ne pas trop utiliser de l’essence. Les voitures ont rarement le plein fait !
Grand mystère d’ailleurs, car Björn va quasiment tous les jours en ville et tous les jours à la déchetterie ou au supermarché (ses deux lieux favoris après le musée de la sorcellerie). Et ceux-là sont réellement situés à côté de la station-essence. Pour l’instant aucune panne à déclarer, de toute façon, il a une cuve de carburant à la ferme dont il se sert parfois quand il n’a pas fait le plein !
Nous nous baladons donc dans la nature et principalement à la recherche de cascades. Vu qu’il n’y a pas moins de 10 000 cascades en Islande (et au vu du nombre de cascade que j’ai vues depuis le début, je me demande si ce n’est pas sous-estimé), nous nous amusons à aller voir celles autour de la maison.



Une flore multicolore
Ce qui est marrant quand tu te promènes là où on est, c’est qu’il n’y a pas de sentier. Même quand il y a un panneau qui t’indique un chemin de randonnée… tu ne vois pas le chemin. Donc quand tu marches, tu t’enfonces entre mousses et petits arbustes, ou parfois dans des sols gorgés d’eaux cachés par des hautes herbacées. Oups… ça peut faire bizarre…
Toujours est-il qu’il y a tellement de végétation qui forme un matelas que tu te retrouves à marcher sur des mètres et des mètres sans toucher le sol ! C’est pas si difficile en fait de léviter… C’est assez marrant à expérimenter.

Balade autour de la maison. De la route à là où je suis : pas de chemin

Moi qui me suis embourbée dans de la boue bien cachée. J’étais obligée de mettre cette photo par respect pour Mélanie que j’ai prise une fois dans cette situation dans une baie en Bretagne.
Comme je disais dans l’article précédent, il y a très peu de végétation. Une partie pour ce qui est arbre dû aux humains (voir l’article : Des phoques qui donnent la banane) , l’autre partie dû au climat : vent violent, température plutôt fraiche et qui monte peu en été. En été, on est autour des +15°C, et en hiver on descend vers -5°C. Rarement moins. Mais les vents violents font que le ressenti est beaucoup plus bas que ça. Et puis en autre « contexte » difficile pour les végataux, ce n’est ni plus ni moins que les volcans, avec des éruptions assez fréquentes tout de même. Ne l’oublions pas. Nous avons donc une flore particulièrement typique de ce milieu

Camarine noire dont les baies noires sont comestibles. Très bonne confiture !

Mélange de mousse et de buissons sur un substrat rocheux invisible à l’oeil nu

Linaigrette à feuilles étroites, typique d’une tourbière ombrotrophe 7

Végétation colorée
Et je ne peux pas vous parler de flore islandaise, sans vous parler du lupin !
Le lupin, plante miracle ou destructrice ?
Le lupin nootka est une légumineuse d’Amérique du Nord faisant des fleurs violettes lors de la floraison en mai-juin et qui a été volontairement introduite en Islande après la 2nde guerre mondiale.

En premier plan, vous avez du lupin.
Pourquoi ? Pour régénérer les sols en très mauvaise état. En effet, rappelez-vous, je vous disais dans l’article précédent que les Vikings, lors de l’arrivée, avaient commencé un déboisement. Un déboisement tel que l’ile qui était boisée à près de 40% avant leur arrivée, ne se retrouvait 1000 ans plus tard qu’à 1,5% de superficie boisée8.
Pas grave, me direz-vous ? Eh bien non, les arbres et la végétation en général sont essentiels pour avoir un sol en bonne santé. Et un sol en bonne santé, c’est un sol qui ne s’érode pas et où il y a de la vie. En 1945, l’Islande était considérée comme le pays européen ayant le sol le plus abimé.
De ce constat plus qu’alarmant, le service national des Eaux et Forêts a décidé alors de reboiser l’île. Comment ? En introduisant une plante qui peut s’adapter aux conditions climatiques sévères du pays, et aussi qui nourrit et enrichit le sol : le lupin fut donc désigné.
Effectivement, étant une légumineuse, elle est considérée comme un fertilisant naturel. Idéal pour régénérer un sol en train de mourir.
Mais comme toute bonne idée, le revers de la médaille est qu’elle devient envahissante voire même invasive. Rapide dans sa croissance, ne nécessitant qu’un sol pauvre, elle surpasse en rapidité et en taille les autres végétaux endémiques 9 de l’île. Conséquence ? Le lupin couvre 0,4% des terres islandaises… Or quand on sait que seulement 1,5% de la surface est boisée, cela signifie qu’un tiers de la végétation est du lupin 10
Pour ou contre le lupin ? Ce n’est pas une question si évidente, et elle divise encore les habitant·e·s de l’île !
Sommer et Simpy, nos fidèles compagnons de balade
Quand nous ne prenons pas la voiture, nous partons souvent avec les deux chiens, Simpy, dont je vous ai déjà beaucoup parlé, et Sommer, un chien un peu plus âgé et moins fougueux et tout aussi attachant. Les deux ont une technique totalement différente pour les balades.

Simpy et Sommer qui courent nous rejoindre
Le premier fait clairement sa vie et part explorer les alentours à plus ou moins 100m à vol d’oiseau de nous. Il court après les oiseaux et les voitures qui passent. D’ailleurs cela est toujours impressionnant à voir. Il court après les voitures à plus de 40km/h et se met quasiment sous les roues des voitures.
Sommer quant à lui est toujours près de nous. Bon sauf la fois où il s’est perdu. Il nous a d’ailleurs fait peur ! Lui qui est toujours près de nous, d’un coup nous ne le voyons pas. Nous commençons à l’appeler. Rien. Nous commençons à faire demi-tour et là au bout de plusieurs fois, nous entendons des aboiements au loin. Avec Mélanie, nous imaginions la patte cassée ou autre. Ben non, c’est juste qu’il était en haut d’un promontoire rocheux, qu’il avait dû mal à descendre. Ce promontoire était vraiment loin et à l’opposée de là où nous l’avions vu pour la dernière fois. Plus de peur que de mal et il a été très très content de nous retrouver et ne s’est plus trop éloigné de nous.
C’est assez sympa de se balader avec eux, surtout à partir du moment où nous avons compris qu’il fallait les suivre et qu’ils avaient une meilleure connaissance de la topographie islandaise.


En effet, un jour, alors que nous avions un peu galéré pour monter jusqu’à la cascade, et que nous avions dû à plusieurs reprises encourager Sommer à nous suivre, voici qu’au retour, il se met devant nous et part sur un autre chemin. Nous nous décidons à le suivre… et il n’y a pas à dire ! Entre me suivre (car je suis souvent devant) et suivre les chiens ? Il faut mieux suivre les chiens !
D’ailleurs pour notre dernière balade, nous avons crû que Sommer nous suivrait pas. Nous n’avons pas écouté les chiens, et avons décidé de descendre à pic une paroi rocheuse. Nous pensions que ça allait être plus court et pas si dangereux que cela… Déjà, pour Simpy, c’était pas si simple et il a fallu l’encourager. Mais pour Sommer… on a crû qu’il allait rester bloqué en haut. Courageusement, il a réussi ! Ok… on ne recommencera pas !

Mélanie à droite qui attend Sommer, à gauche.
Les cascades islandaises
Ce qui est impressionnant avec les cascades en Islande, c’est que leur débit varie d’un jour à l’autre. Je n’ai pas élucidé ce mystère. L’eau provient des glaciers et des précipitations. Sauf qu’en été, selon Björn, les cascades étaient quasiment à sec. Or là, elles ne le sont plus, alors même qu’il n’a pas neigé et qu’il pleut. Mais a t-il plus plu qu’avant ? Comment expliquer la variation de débit ?! Bref tout cela est un mystère qui sera peut-être résolu un jour.

Cette énigme nous permet d’aller nous balader à la même cascade et d’avoir des rendues différentes et aussi de continuer à s’extasier sur la flore !
Et là, vous me dites : mais tu arrives à te balader alors qu’il doit faire froid et pleuvoir !
La météo islandaise : un temps breton amélioré
Le temps du Nord-Ouest de l’Islande est un peu un temps breton, je trouve. A part 2 jours où nous n’avons pas vu le soleil du tout, il fait toujours beau au moins une fois dans la journée. C’est d’ailleurs assez marrant, car le matin il peut pleuvoir énormément et 2h après, un grand soleil avec un ciel bleu qui va durer jusqu’au soir. Ou inversement : avoir une grosse pluie voire de la grêle puis 20 minutes après un grand soleil pendant 10 minutes avant de retrouver la grêle ! Il y a d’ailleurs assez souvent des arcs-en-ciel, ce qui réjouit Stella, qui n’en voit jamais en Chine.

Nous n’avons donc pas trop eu à nous plaindre jusque là de la météo. Même la température est très douce. Nous avons environ entre 5 et 10°C. Et quand le soleil est là, ça fait de belles journées automnales. Nous avons eu une fois de la neige jusqu’à présent, il y a deux jours le 8 octobre. C’était très sympa de se réveiller avec de la neige qui tombe. Elle n’a pas trop tenu et nous avons pu voir sur les hauteurs autour de la maison qu’une journée. Par contre, sur les hauteurs plus au loin et avec des sommets un peu plus hauts – ceux autour de la maison culmine à 400m d’altitude…), là nous pouvons voir la neige tenir.

Vue de la maison – Montagnes enneigées
Tout cela pour dire que le temps est vraiment clément et agréable. Nous avons des longues journées ensoleillées. Quand nous sommes arrivées mi-septembre, le soleil se levait vers 6h30 et se couchait vers 20h. Maintenant (17 octobre), nous sommes plus autour de 7h30-8h pour un coucher à 18h30-19h. Les journées sans fin ou avec le soleil de minuit sont du mois de mai à Août. Pendant ces journées-là, il y a toujours une luminosité. Au contraire, dans les mois de Décembre Janvier, la luminosité n’excède pas 4-5h par jour. C’est selon, Björn, « dur et ennuyeux ».
Des excursions en mer toujours plus merveilleuses
Et autre chose et non des moindres, qui nous occupe en dehors de notre travail, même si je vous en ai déjà parlé ! Nous allons faire les excursions observation de baleines ! Nous avons eu la chance de retourner 3 autres fois sur le bateau. La deuxième fois était un peu moins bien que la première fois. Pas de show de dauphins, et des baleines plutôt lointaines. Par contre, les deux autres fois… ça a été wahoooouuu.


Nous avons vu un groupe de 5 baleines surgir juste à côté du bateau. Une autre fois, elles ont nagé devant le bateau. Nous leur avons même « cédé la priorité ». Nous avons bien pu voir leur tête et leur nageoire pectorale blanche ! C’était assez ouf !


Baleines à bosse : on peut voir leur évent, leur nageoire pectorale. Vous pourrez retrouver une vidéo ici


Dauphins à bec blanc
Des rorquals, baleines de seulement 70T pour 20 mètres de long (soit deux fois plus long que la baleine à bosse), ont aussi montré leur bout d’aileron. Ce sont des baleines qui vivent en solitaire. C’est le deuxième plus grand mammifère après la baleine bleue 11. Les rorquals, comme le dit Judith, sont moins photogéniques que leur homologue à bosse, car elles restent souvent immergées. On ne voit que leur aileron dépassé, et elles nagent très vitent.

Un aileron de rorqual en arrière plan vers la gauche
Ces sorties étaient vraiment magiques et hors du temps !
Autre chose qui nous passe notre temps, c’est bien entendu la cuisine ! Mais ça, je vous le garde pour un autre article, car autrement, vous êtes de nouveau parti pour 20 minutes de lecture !
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- https://www.lemonde.fr/international/article/2017/03/07/greve-des-femmes-en-islande-en-1975-en-un-jour-en-une-heure-le-personnel-est-devenu-politique_5090832_3210.html
- https://www.theguardian.com/world/2005/oct/18/gender.uk
- https://positivr.fr/islande-greve-des-femmes-24-octobre-1975-feminisme/
- https://www.lemonde.fr/international/article/2024/06/02/en-islande-halla-tomasdottir-femme-d-affaires-elue-presidente_6236927_3210.html
- https://www.rfi.fr/fr/europe/20231023-islande-les-femmes-dont-la-premi%C3%A8re-ministre-en-gr%C3%A8ve-pour-d%C3%A9noncer-les-in%C3%A9galit%C3%A9s-salariales
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Une réponse à “[8] Femmes en Islande : entre quotidien dépassé et avancée féministe”
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